Un peu d’histoire

histoire

La Maison de la Mémoire est un musée d’histoire locale présentant les grandes étapes historiques de Liévin. Installée dans les locaux de la Maison de Tous, ancienne fondation de la Croix-Rouge Américaine de New-York, édifiée en 1926-27.

Maison de la Mémoire, La Maison de Tous

Avenue du 4 septembre

62800 Liévin

03 21 29 23 95

La bute de Riaumont, berceau de Liévin :

Le passé archéologique de la commune est indéniable. De nombreux vestiges de l’époque néolithique puis romaine et gallo-romaine en témoignent. La plus vaste nécropole franque du Pas-de-Calais (752 tombes), exhumée en 1905 sur la colline de Riaumont, atteste que Liévin fut une importante ville mérovingienne.

Un village à vocation agricole

Jusqu’au 19è siècle, Liévin, petit village artésien, vit essentiellement de l’agriculture.
En 1414, la population de « Liévin en Artois » s’élève à 150 habitants. Ils seront 600 en 1759.

En 1789, Liévin, gros village de 900 habitants environ, connaît lui aussi les soubresauts de la Révolution.

La période est surtout marquée par la redistribution des terres consécutive à la vente des biens nationaux confisqués au clergé et aux nobles.
La commune appartient alors au canton d’Hersin-Coupigny et au District de Béthune.
En 1820, Liévin est toujours un village avec ses 1 223 habitants. La population est regroupée près de la Souchez. La Grande Rue (rue du 4 Septembre actuelle) rassemble l’essentiel des commerçants et des artisans. Des quatre moulins d’avant la Révolution, il n’en subsiste que trois : Fromeulle, celui du lieu-dit actuel « Jardin Public » et celui du lieu-dit « Abattoir ».

Quelques dates  :

300  – 350 millions d’années – La formation du charbon

A la fin de l’ère primaire, il y a 300 à 350 millions d’années, à l’époque du carbonifère, le climat « à Liévin » est chaud et humide avec une végétation très importante. Des débris de végétaux s’accumulent sous une faible profondeur d’eau. Après affaissement du sol, la forêt meurt et le charbon se forme. Sur la couche végétale se dépose des alluvions. La végétation réapparaît. La couche en dessous ne contient plus d’air donc les sédiments (déchets de la couche végétale) s’enrichissent en carbone et deviennent du charbon.

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130 -65 millions d’années – Ère secondaire : Le Crétacé

Le Crétacé est une épaisse formation géologique sédimentaire qui marque la fin du Mésozoîque et qui a été nommée ainsi parce que la craie en est une roche prédominante. Le terrain crétacé est principalement constitué par des couches de dépôts crayeux marins qui se sont déposées au fond des mers existant à cette époque. (colline du Caumont)

La colline de Riaumont est sur sa partie supérieure composée de sable landénien (butte témoin), sable qui correspond au fond de la mer de cette époque.

02

 – 3300 avant JC

Des hommes du néolithiques chasséens s’étaient établis sur la colline de Riaumont. Ils nous ont laissé des traces de leur passage : fonds de hutte, silex taillés et poteries.

A cette époque, les hommes ne sont plus des chasseurs-cueilleurs,Ils se sédentarisent et deviennent cultivateurs-éleveurs.

03

200 avant JC

C’est l’époque des Gaulois à Liévin. On découvre des poteries et de nombreux fragments toujours sur la butte de Riaumont.

50 avant JC

Les Romains s’installent sur le versant sud de la colline de Riaumont : découverte d’un fortin romain avec fossé défensif et d’une fontaine.

Le nom de Liévin tirera son nom de Levesano qui signifie « Eau qui est bonne, eau qui guérit ».

Avec la Pax Romana, les romains resteront à Liévin durant trois siècles et construiront une villa romaine avec tout le confort de l’époque : fresques murales, mosaiques, hypocauste (chauffage par le sol).

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400 Après JC – Les mérovingiens

En 1905, Edouard Drouet, ingénieur aux mines de Liévin, découvre lors de la construction de la cité des Grands -Bureaux, un cimetière Franc de 742 tombes. Cette découverte fournira un formidable trésor archéologique qui fut totalement perdu lors de la Première Guerre Mondiale.

Une nouvelle découverte est faite dans les années 2000, on retrouve cinq corps supplémentaires.

1070 Après JC

Première mention manuscrite de Liévin qui est à ce moment Lévin. Le nom apparaît dans la charte du Comte d’Eustache prélevant sur la commune les impôts sous la forme de sacs de froment et de châpons. Contemporain de cette époque, le bénitier de la première église de Liévin.

11è siècle

Le château fort de Liévin a été construit au milieu des marécages sur une motte artificielle sur laquelle fut construit une tour carrée en bois.. plus tard la pierre remplacera le bois trop fragile et inflammable.  Le château fort de Liévin fut assailli à de nombreuses reprises au cours des siècles. En 1515 il n’est qu’une éminence entourée par les eaux de la Deule.

Son emplacement se situe de nos jours à proximité du Centre Arc-en-ciel.

1398

Le premier moulin à eau apparaît à Liévin : le moulin de Fromeulle en Liévin. Notre ville compte avec celui-ci cinq moulins à eau sur la Haute Deûle (la Souchez) : Rolincourt, Riaumont, L’Abattoir, Val de Souchez, pour moudre de la farine. Seul celui de l’Abattoir servait à fabriquer de l’huile.

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1478

A l’emplacement du jardin public actuel, le Seigneur LEBORGNE établit son château d’Oréaulmont.

Il brûle en 1741 avec la moitié des maisons du village.

1742

René de Moges, réédifie un autre château plus près de la rue du Quatre Septembre actuelle.

Par acquisition et héritage il deviendra la demeure des familles De Fontaine, De la Fonteyne De Villers, puis Aronio de Romblay jusqu’en 1917.

Pour péréniser l’histoire de ce site, les ruines du pigeonnier correspondant à la tour de guet du premier château d’Oréaulmont édifier en 1478 sont en cours de réfection par les services techniques municipaux.

Louise Aronio de Romblay a joué un rôle important lors de la première guerre mondiale en venant en aide à la population liévinoise. Elle reste à Liévin et ouvre les portes de son château aux réfugiés, créée un hôpital dans sa cave, s’occupe aussi de 25 orphelins et offre un de ses terrains pour servir de cimetière.

11 11b

1648

La Bataille de Lens par le Prince de Condé. http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Lens

La majeure partie des troupes du Prince de Condé est passée par le territoire liévinois.

Le choc principal des armées Française et Espagnoles a eu lieu au niveau de la rue de l’Abregain (Apre gain).

1736

M. Pierre-Marie Thobois découvre la borne de Liévin datant de 1736, rue de Cracovie à Liévin.

Celle-ci nous donne l’orthographe définitive de Liévin à cette date.

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1774

Le château de Rolincourt (aujourd’hui Rollencourt) est remanié à de nombreuses reprises. Au départ, il fut la demeure du Comte d’Aumale, puis des familles De Ligne et Jonglez de Ligne.

Le château faisait partie de la seigneurie de Rolincourt. La demeure conservait de très beaux tableaux de maîtres et était connu pour sa somptueuse cheminée monumentale en marbre rouge de Bretagne. Le château fut détruit lors de la Première Guerre Mondiale.

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1869

Construction du château à la tour pour M. Jonglez de Ligne par l’architecte Mayeur.

Contrairement aux précédents châteaux évoqués plus haut, il n’est plus une résidence seigneuriale mais une vaste habitation bourgeoise de grand luxe comprenant de nombreuses pièces telles que salle de billard, fumoir et chapelle intérieure. Le chêne et le marbre décorent l’habitation

De nos jours, à la place du château s’élève l’école Paul-Bert Emile-Littré.

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1857

En 1857, la Compagnie des Mines de Lens découvre par forage la Houille à l’angle des rues Courtin et Défernez. Dès lors s’en suivra une fièvre charbonnière avec l’édification de nombreuses fosses aux quatre coins de la commune.

L’exploitation charbonnière renforce l’économie nationale mais causera aussi de nombreuses catastrophes minières (1882, 1883, 1885, 1907, 1936, 1957et la dernière de 1974 avec ses  42 victimes).

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1914

La guerre de 1914-1918 anéantira la commune de Liévin. Au lendemain du conflit plus une seule maison n’est debout à Liévin. De retour après la guerre les habitants ne peuvent retrouver leurs maison tant l’apocalypse règne.

Il faudra près de 10 ans pour reconstruire les principaux bâtiments publics et les exploitations charbonnières et mettre en application un plan d’assainissement et de nivellement sur l’ensemble de notre commune.

La commune aura perdu plus de six cent Liévinois, civils ou militaires.

 

Liévin, ville martyre

Plus d’un demi-siècle avant la Grande Guerre, la situation géologique et les mutations économiques ont fait de Liévin une ville minière. En 1914, la société Houillère de Liévin possède treize puits d’extraction ou d’aérage et produit 2.000.000 de tonnes de houille par an, avec un effectif de 10.000 personnes. Liévin conserve toutefois une impression de ruralité : la verdure est abondante et les maisons au toit de chaume résistent à l’exploitation minière. Mais, le 3 août 1914 éclate la Première Guerre Mondiale. Ce conflit qui voit s’opposer la France et l’Allemagne, met en première ligne les villes du Nord.

En effet, après une avancée fulgurante, les Allemands surnommés « Alboches » puis « Boches» pénètrent le 4 octobre sur le sol liévinois. Une grande partie de la population a déjà fui et les Allemands en font l’un de leur bastion. Les troupes françaises occupent les hauteurs de la ville vers l’ouest où le front se stabilise. C’est ainsi que pendant trois ans, Liévin ville phare des collines de l’Artois, connaîtra d’incessants bombardements ; jusqu’à l’ordre d’évacuation formel au début de l’année 1917. Ce furent donc trois années de combats acharnés. Liévin fut occupée par les Allemands dès octobre 1914, après les combats de Douai. Les Allemands élargirent leur conquête par la prise du plateau qui domine Lens au sud-ouest et enfin les crêtes dominant la plaine de Lens : Notre-Dame-De-Lorette et la falaise de Vimy.

Avant le mois de septembre 1915, les lignes passaient à un kilomètre des lisières ouest de Loos, coupaient du nord au sud la route et la voie ferrée de Béthune à Lens, occupaient les lisères de la cité de Calonne et s’allongeaient devant Angres par les fonds de Buval.

Le secteur se stabilisa sur ces nouvelles positions durant l’année 1916. En avril 1917, de Lens au sud-ouest d’Arras, sur un front de 30 kilomètres, les Britanniques attaquent l’ennemi. Dans la nuit du 14 au 15 avril, ils enlèvent des défenses à l’est de Liévin, depuis le bois de Riaumont jusqu’à la lisière est de la cité Saint-Pierre.

Durant ce long conflit et au cours de la reconstruction, quelques âmes bienveillantes, dont certains notables locaux, viendront soulager la souffrance des plus touchés : on peut citer les docteurs Lequette et Piette aidés de Marie Liétard, le doyen Leroy et Arthur Lamendin.

En effet, durant ce conflit, Arthur Lamendin joue un rôle très important. En 1913, le maire Pierre Leroy démissionne ; il est remplacé par l’anarchiste Plouvier qui abandonnera son poste en 1914 devant l’arrivée des troupes allemandes.

C’est alors que la population supplie Arthur Lamendin de rester auprès d’elle. L’occupant qui a installé sa Kommandantur à la brasserie Leroy exige d’importantes indemnités de guerre. Et c’est Arthur Lamendin qui, au nom de la municipalité liévinoise, contribue à faire régler ces lourds tributs. De plus, dès le printemps 1915, il participe, avec l’aide du comité Relief for Belgium, au ravitaillement de la ville.

Les Mines liévinoises au cœur de la Grande Guerre.

Dès le début du conflit, le bassin houiller du Pas-de-Calais est coupé en deux territoires. A l’ouest, l’exploitation restée au main des troupes françaises tente de demeurer en fonctionnement. A l’est, les mines sont occupées, vouées au saccage et aux combats. Pour la société Houillère de Liévin, les fosses 2 et 5 sont incluses dans les fosses françaises, alors que les fosses 1, 3, 4 et 6 sont sous le joug allemand. C’est ainsi jusqu’en avril 1917 où les Britanniques reprennent les fosses 1, 3 et 6, puis la fosse 4 en août 1918. A la fin de la guerre, le bilan est lourd, outre les installations de surface, c’est la totalité des chantiers du fond qui est détruite, tous les puits sont dynamités. Dans la grande cuvette Lens-Liévin-Meurchin, 41 puits communiquaient, 36 ont leurs cuvelages brisés. Ainsi, le retour des populations au milieu de ces ruines se fait progressivement et la reconstruction devra se faire laborieusement.

Le 10 août 1920, la France par décision de Monsieur André Lefebvre, Ministre de la Guerre, décerna à la ville de Liévin la croix de guerre 1914-1918.

Après la Première Guerre Mondiale, le gouvernement de notre pays décida de lancer la construction d’une série de petits navires de guerre de type « Aviso ». Il leur sera donné les noms des hauts lieux de la Grande Guerre ou des villes martyrs dont Liévin.

Les lieux de mémoire à Liévin.

Le Monument aux morts inauguré en 1923, qui se trouvait auparavant rue Jean Jaurès au lieu-dit « La Haute Ville », fut déplacé en 1976 pour être installé rue Defernez.

La Maison de Tous, rue Jean-Baptiste Lebas, est un bâtiment érigé grâce à la générosité de la Croix Rouge de la ville de New-York désirant venir en aide aux régions dévastées. Elle fut inaugurée en 1928.

Le cimetière militaire anglais, situé dans l’enceinte du cimetière de la Tourelle.

SOURCE : Mémoire du Front 1914-1918, Magazine programme des Rencontres Européennes de l’Histoire Mondiale (2003).

« Les Américains et la maison de Tous »

Au début de l’année 1919, alors que Liévin ne formait plus qu’un amas de décombres, qu’il n’existait plus d’écoles et que les enfants abandonnés à eux-mêmes parmi les ruines et les engins de guerre couraient les plus graves dangers, Miss Fanniebelle CURTIS, Directrice du Jardin d’Enfants Unit et Miss ORR, Directrice adjointe, poussées par un élan de générosité, vinrent, de leur propre inspiration, demander la création d’une garderie d’enfants à Liévin.

L’autorisation obtenue, sans faire appel à aucun concours pécunier, ces Dames, admirables de dévouement, firent installer de beaux et confortables baraquements dans lesquels elles recueillent la majeure partie de la population enfantine de Liévin. Pour suivre leur œuvre, elles firent une large distribution de vêtements et de vivres aux plus malheureux, créèrent des terrains de jeux pour les aînés, des jardins d’enfants pour les petits.

Ensuite, un ouvroir fut fondé où les jeunes filles réalisent des travaux de couture, elles n’avaient aucune fourniture à payer, et le travail exécuté restait leur propriété.

Quatre années de suite, 300 à 350 filles et garçons furent réunis pendant la période de vacances, sur un terrain de jeux, où divers travaux manuels leur étaient enseignés, alternant avec des exercices physiques et la pratique des sports.

Pour l’œuvre accomplie à Liévin, et en dix endroits différents de France depuis la guerre, Miss CURTIS, a été puissamment aidée par Miss ORR.

Financièrement Miss ORR a participé, dans une large mesure, aux dépenses de l’œuvre ; elle a pris une très grande part au travail actif, en particulier à Liévin, où elle fit de longs séjours.

Miss CURTIS et Miss ORR étaient, pour le travail, aidés par de nombreux collaborateurs telle Madame CERF, un des membres les plus dévoués du comité.

Ces Dames avaient pour devise : ‘’ Non seulement nos enfants, mais tous les enfants ‘’

Elles ont tenu à laisser à Liévin un souvenir durable de leur affection, d’abord en abandonnant gratuitement au profit de la ville les quatre baraquements du Jardin d’Enfants avec les objets mobilier le garnissant, puis en dotant la ville d’une Maison de Tous, maison d’œuvres sociales qui comprenait :

– Une bibliothèque de 5000 volumes et une salle de lecture ;

– Une salle de lecture pour les enfants ;

– Un Jardin d’Enfants ;

– Un ouvroir ;

– Un logement de concierge ;

– Une dotation de 250.000 Francs (Valeur 1926 )

Liévin et la Déportation

En 1940, après l’invasion allemande, la France est divisée en plusieurs zones d’occupation. Notre région est directement sous le joug allemand et placée sous la tutelle du Commandement militaire allemand de Bruxelles. Aussitôt, la déportation en Allemagne est utilisée pour réprimer toutes les formes d’opposition. Le premier Liévinois est envoyé dans le Reich en novembre 1940.

En mai 1941, la tension est à son apogée dans le bassin minier. Une grande grève éclate le 27 à Montigny-en-Gohelle. Elle s’étend ensuite dans les différents puits et touche Liévin, le 29. Le 6 juin, 80 % des mineurs liévinois (soit 5  017 personnes) ont stoppé leur labeur; 25 seront déportés dans les camps de la mort en juillet 1941.

Les officiers de l’Oberfeldkommandatur 670, avec le soutien des forces de l’ordre françaises et des compagnies minières qui n’ont pas hésité à utiliser la dénonciation, ont tout fait pour briser les mouvements de grève. La solution pour remédier à ce problème était toute simple : arrêter massivement et déporter. D’autres Liévinois et Liévinoises subiront le même sort.

Les camps de déportation

L’expression « camp de la mort » est ambiguë, car elle recouvre deux types de camps, dotés de fonctions radicalement différentes. On a longtemps assimilé les « camps de la mort » aux camps de concentration mis en place par les nazis dès 1933, d’abord destinés à l’enfermement d’opposants allemands, puis à celui de tous les « ennemis du Reich », c’est-à-dire les opposants et les Résistants des pays occupés par l’Allemagne entre 1939 et 1945. Ces camps visent à se débarrasser d’individus dangereux pour la domination nazie. A partir de 1942, ces camps sont dotés d’une fonction complémentaire : ils deviennent des réserves de main d’œuvre forcée pour l’industrie allemande engagée dans une guerre totale après l’échec de la Wehrmacht (NDLR : nom porté par l’armée allemande) sur le front de l’Est.

Mais il existe une seconde catégorie de lieux, que l’on désigne à tort comme des « camps » et qui sont en réalité des « centres de mise à mort immédiate », pour reprendre l’expression forgée par l’historien américain Raul Hilberg qui a été le premier à en analyser le fonctionnement. Deux camps ont associé, au même endroit, les deux fonctions, la concentration et l’extermination immédiate : Maïdanek et Auschwitz.

Ce dernier a été choisi, au début de 1942, pour devenir le centre principal de la « Solution finale », c’est-à-dire le plan des dirigeants nazis visant à exterminer tous les Juifs vivant en Europe.

Les Allemands déportent enfin massivement vers les prisons du système carcéral du Reich. En raison d’une répression allemande majoritairement judiciaire dans le Nord–Pas-de-Calais, près d’un quart des déportés liévinois connaissent ces prisons.

199 Liévinoises et Liévinois furent déportés ou fusillés par mesure de répression pendant cette période sombre et tragique de l’histoire de l’humanité.

Réalisé avec la collaboration de Jean-Marie Lequint, Président de l’Office Municipal de la Mémoire et Laurent Thiery, historien de La Coupole, auteur du livre « La répression allemande dans le Nord de la France (1940-1944), Lille, Presses du Septentrion, 2013 ».

coupole

Les codes suivants désignent la situation de l’intéressé au terme de la déportation :

D = disparu

DCD = mort en déportation

R = rentré en 1945

L = libéré par les Allemands à l’issue de sa peine ou par suite d’une mesure exceptionnelle

NC = sort non connu

E = évadé pendant le trajet de déportation ou d’un lieu de déportation.

Le lieu de situation correspond soit à des camps de concentration, soit à des prisons ou des kommandos de travail (il s’agit d’annexes des camps de concentration centraux).

Liste des 199 Liévinois déportés durant la seconde guerre mondiale. – Format PDF

INSUFFLER LE RENOUVEAU

Fermeture de la mine : mourir ou se reconvertir ?

L’arrêt de l’exploitation minière est un véritable cataclysme pour cette ville du Pas-de-Calais. Comme toutes les villes de mono-industrie, Liévin voit d’un seul coup disparaître tous ses emplois. En 1986, la mission d’évaluation sur les politiques de reconversion du bassin minier menée par l’ingénieur Lacaze prônait même « la démolition de toutes les cités minières ». Le défi est gigantesque : il s’agit d’imaginer une  nouvelle ville, de lui donner les moyens de vivre, de créer des activités, de l’emploi, des perspectives, le tout dans une région sinistrée et traumatisée par la disparition de ce qui la faisait vivre depuis plus d’un siècle.L’équipe municipale conduite depuis 1981 par Jean-Pierre Kucheida, un géographe de 38 ans, animé d’une grande force de persuasion s’y attelle avec persévérance et énergie. Santé, justice, logement, travail : tout est à recréer.

Restructurer la ville

Dans le combat pour sa survie, Liévin, cinquième ville du département en importance,  cherche à se moderniser sans renier son passé. Quelques grandes étapes vont marquer le passage à l’après-charbon : désenclavement de la ville, création d’un centre-ville, implantation de services, mise en œuvre d’une véritable politique de l’habitat, offre culturelle, politique de formation, notamment. Trente ans plus tard, en 2011, Liévin bénéficie de plusieurs  d’infrastructures, dont certaines remarquables comme le Stade Couvert, de pointe comme la Polyclinique, de grande qualité de services, comme les béguinages, la médiathèque, Le Louvre-Lens …

Quartier par quartier, reconstruire la ville

Lorsque les Houillères quittent Liévin, elles laissent derrière elles un habitat hétéroclite et souvent mal entretenu. Pas de tout-à-l’égout, ni d’assainissement. Les toilettes et les sanitaires sont souvent à l’extérieur. Baraquements, cités demi-lunes, cités provisoires ou semi provisoires rappellent la reconstruction hâtive menée après la Première Guerre mondiale, dont les cités dites hollandaises sont un vestige. Plus de la moitié du parc était composé de logements sociaux, et les droits des travailleurs de la mine– mineurs ou veuves de mineurs- continuaient de s’exercer à travers leurs ayant-droits. Pour faire revivre Liévin, il était indispensable de rendre les logements  décents, dignes et accessibles.

Une nouvelle devise : ambition, envergure et excellence

Réhabiliter des logements ne suffit pas pour donner un nouvel essor à une ville. Il faut élaborer un projet de développement plus ambitieux, dépassant les frontières de la ville, orienté autour de quelques axes forts et réalisations symboliques, susceptibles de répondre aux besoins de la population. Les choix de la municipalité se porteront sur le sport, la santé, la formation et les nouvelles technologies. Avec à chaque fois, une recherche d’excellence.

L’Arena Stade couvert

Le projet du stade couvert est né d’une saine rivalité entre Lens et Liévin. Henri Darras, le maire de l’époque, qui avait assisté aux réunions d’extension du stade Bollaert au conseil départemental, émit l’idée d’un stade pour Liévin. Le projet fut retenu, l’athlétisme était ancré dans l’histoire de la ville.

La Polyclinique

La fermeture des Houillères, qui géraient huit établissements hospitaliers dispersés sur le bassin, entraîna la création d’un groupement d’établissements privés à but non lucratif, l’ANHAC.

La formation

Des plus petits aux aînés, la formation est un enjeu majeur du devenir de Liévin. Instituteur, le député-maire Henri Darras en avait eu pleinement conscience. Au cours de ses mandatures (1952 -1981), 4 collèges et trois lycées ont été construits. Les collèges Montaigne, (1956), Descartes (1957), Curie (1963), Riaumont (1967) et les lycées d’enseignement général et professionnel (1959), technique (1967), Hennebique (1978). De 1995 à 2002, le lycée d’enseignement général et professionnel, rebaptisé lycée Henri-Darras a été rénové et modernisé. L’accroissement des moyens dévolus au lycée correspond à la volonté de mettre également l’accent sur des filières professionnelles. La formation est au cœur d’un processus indispensable sans lequel les habitants n’ont pas accès aux emplois proposés. Sans une formation adaptée, Liévin ne pourra réellement endiguer le problème endémique du sous-emploi.

L’université d’Artois à Liévin

Lorsque l’université d’Artois ouvre ses portes en 1992, Liévin n’y trouve pas son compte. « Il y en a pour Arras et pour Lens, rien pour Liévin ! », tempête le maire. Le président du conseil général Roland Huguet, ardent promoteur du projet universitaire qu’il a porté sur les fonts baptismaux, le rassure : une université du sport est prévue à Liévin… dans un deuxième temps. C’est chose faite : les UFR de sciences et techniques des activités physiques et sportives ont intégré les locaux conçus par l’architecte Bruno Herbert. L’université d’Artois est une clef de voûte du pôle d’excellence sportif.

La fac des sports signe avec le RC Lens

Au Centre Technique et Sportif de la Gaillette à Avion, l’Université d’Artois a procédé à la signature officielle le 18 mai 2017 de conventions établies entre sa Faculté des Sports et de l’Éducation Physique et ses partenaires, l’Université Normale Supérieure de Pékin, le Racing Club de Lens, la Ligue de Football des Hauts de France et la Direction Régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale Hauts-de-France (DRJSCS). Un projet de partenariat international exemplaire qui permet de fédérer et d’établir des liens forts et incontournables entre les acteurs de l’Enseignement Supérieur et ceux du mouvement sportif. Au niveau régional, ces partenariats permettront d’une part, de penser le projet de vie du sportif avec une approche innovante et plus humaine et, d’autre part d’optimiser l’accessibilité des formations pour les sportifs de haut niveau (ou de « bon niveau », notamment des footballeurs, pour envisager de concilier avec succès projet sportif, projet de formation et insertion professionnelle).

Vivalley : un campus à  l’Américaine

Réunir en un seul et même endroit des entreprises, la formation, des sportifs ou encore des étudiants au cœur des cités minières, voilà le réel objectif du nouveau projet appelé : cluster « Vivalley ». Impulsé par la Communauté d’Agglomération Lens-Liévin, suivi attentivement par la Municipalité de Liévin, ce projet avance à grands pas et suscite pas mal de convoitises régionales. Le pôle « Vivalley » a pour ambition d’accompagner le développement économique de notre territoire à partir de la thématique « sport, bien-être et santé ». Et quel autre endroit que Liévin pour voir émerger ce nouveau campus à l’Américaine. En effet ici, les structures sont déjà existantes avec l’Arena Stade Couvert, la faculté des sports ou encore le Parc Rollencourt… Une fois de plus, c’est donc à Liévin que des investisseurs privés et publics ont choisi de s’installer pour encourager l’émergence d’initiatives liées au développement d’activités de loisirs, à l’accompagnement de la pratique sportive ou encore à la mesure de la performance. Pour le plus grand bonheur de notre population et de notre jeunesse qui cultivent de multiples talents et cherchent à exprimer pleinement leurs potentialités…

Bientôt des réserves du Louvre à Liévin

Le centre de conservation des œuvres du musée du Louvre sera construit à Liévin (62).

Actuellement situées à Paris en zone inondable, les réserves du musée du Louvre abritent près de 250 000 œuvres menacées par les crues de la Seine. Pour les préserver, un nouveau centre de conservation sera construit et c’est un site proche du Louvre-Lens qui a été choisi. Le pôle de conservation des œuvres du Louvre à Liévin sera réalisé par l’agence Rogers Stirk Harbour (auteur de l’extension du British Museum à Londres, en 2014). Son projet vise à construire un bâtiment à l’architecture parfaitement intégrée dans l’environnement, avec notamment une grande toiture végétalisée. L’équipement sera implanté à Liévin, sur le site de l’ancienne cité Jaurès, à proximité immédiate du Louvre-Lens. La Région s’est engagée à investir 5 millions sur les 60 millions d’euros du projet prévu pour début 2019. Plus qu’un lieu de stockage, ce sera un lieu d’études et de recherche scientifique sur les collections du musée du Louvre, complémentaire de l’atelier de restauration des œuvres du Louvre-Lens. De plus, ce pôle de conservation pourra être utilisé pour mettre à l’abri des œuvres menacées par des conflits internationaux.

LIÉVIN, POLE D’ATTRACTION

Réveil économique et innovation

La fin du charbon signifiait, pour l’ensemble du bassin, la perte de milliers d’emplois. Dès lors, le développement économique était un des grands objectifs de la municipalité. S’appuyant sur différentes structures intercommunales la mairie entreprend un long travail pour faire venir des entreprises à Liévin. Un comité de développement économique dont le champ d’action s’étend sur de nombreuses communes se bat pour attirer les industries Au début, le combat est difficile. Mais, dès 1986, parmi les villes de taille comparable, Liévin est la seule à ne pas perdre d’habitants. Les premières mesures de rénovation urbaine et le développement des infrastructures portent leurs fruits. S’appuyant sur une vision ambitieuse et un discours cohérent, la ville émet des signaux positifs pour des investisseurs. Le CD 58 joue un rôle moteur. Tout du long de cette voie des zones commerciales et d’activité légères sont créées : ZAC an 2000, ZAC des Alouettes et ZAC Quadraparc. Renault, Peugeot, Veolia s’y sont installés.

Technologie verte et environnement

La qualité de la vie est un argument déterminant pour attirer et fixer une  population. Dans sa reconstruction progressive, Liévin a bénéficié d’une chance exceptionnelle. Celle d’avoir de l’espace. Des friches pour bâtir mais aussi des espaces verts comme le Parc Rollencourt, le Bois de Riaumont, le jardin public, le Percot, le parc Mazarin, celui des Équipages… Car, avant de devenir une ville minière, Liévin était un petit bourg d’agriculteurs. La nature y a une place de choix

VIVRE ENSEMBLE ENTRE TRADITION ET MODERNITÉ

La cohésion au service de la solidarité sociale

A Liévin, la solidarité est une tradition. Elle est un héritage du monde minier, tant dans le monde professionnel que dans la vie quotidienne. Cette solidarité a irrigué le tissu social par le biais d’une multitude d’associations – on en compte plus de 200 – qui traduisent dans le domaine de la vie privée une cohésion que l’on trouve rarement dans la société contemporaine Ces associations interviennent dans de multiples domaines : loisirs, aide alimentaire, aide vestimentaire, fraternité, solidarité, festivités culturels et culturels… La cohésion sociale est un trésor qui a été en quelque sorte institutionnalisé par la municipalité avec la création des centres culturels et sociaux. Leur développement fut tel que la ville de Liévin compte aujourd’hui trois pôles majeurs (Marichelles, Riaumont, Calonne/Saint Albert-Saint Amé) volontairement  décentralisés de façon à encourager la solidarité au cœur des quartiers.

Le sport : une passion, une consécration

Le sport à Liévin, c’est une histoire d’amour et une longue tradition. Il puise dans les qualités des Liévinois, que sont la solidarité, le courage et l’abnégation, hérités de l’histoire minière. Les sports d’équipe, le football, mais aussi le basket-ball sont une passion. En athlétisme, la ville est aujourd’hui une référence internationale. Quant à la petite reine, elle a toujours été très appréciée par les habitants du nord. Au cœur de la réussite sportive, on trouve le « pôle d’excellence », articulé autour d’infrastructures, tels  que le Stade Couvert, qui a joué un rôle très important dans l’essor de la ville et son positionnement. Autour de ces équipements, la ville a décliné plusieurs activités annexes :  l’hébergement et la restauration spécialisation en médecine sportive à la Polyclinique, et, bien sûr, la formation. Mais la perche, le tir à l’arc, le javelot, le jeu de boules ou la colombophilie ont également toujours leurs adeptes. Marqués par le souvenir de la convivialité qui entourait chaque concours, ces sports représentent une valeur patrimoniale forte.

Inscrire l’avenir dans les traces du passé

Le projet de la base 11-19, située sur la commune de Loos-en-Gohelle, est un nouvel exemple de la volonté de Liévin et de ses voisins d’inscrire l’avenir dans les traces du passé. Conçu dès 1986, il consiste à faire de cet ancien carreau de la fosse, où subsiste deux des plus hauts chevalements d’Europe, un lieu dont le développement durable est le fondement. Des activités culturelles (Métaphone) et économiques (éco-entreprises) ont été installées dans les 1 800 m2 de bâtiments existants, mis aux normes Haute Qualité Environnementale (HQE). Le pavement du carreau a été refait en pavés de pierre et schistes. Deux structures se consacrent particulièrement au développement des éco-entreprises dans le Nord-Pas-de-Calais. Le Cd2e (Création Développement des Eco-entreprises) informe, conseille et accompagne les entreprises, notamment celles du secteur du bâtiment et de la construction, dans le choix des techniques pour l’habitat écologique. Le Centre Ressource du Développement Durable (CERDD) a été créé pour accentuer cette démarche vers le développement durable et lui ouvrir de nouvelles perspectives.

Sur le même territoire, l’association La chaîne des terrils a pour mission de « protéger, animer et valoriser » le patrimoine du bassin minier. Elle mène notamment des travaux de recherche sur la faune et la flore des anciens terrils. Certains des insectes, batraciens, oiseaux que l’on y trouve, n’existent nulle part ailleurs que dans le sud de la France. L’association organise aussi des visites pour le grand public et les scolaires pour faire découvrir et valoriser le patrimoine minier ainsi que la bio-diversité de ces anciens terrils.

Les deux bâtiments encore vides devraient être affectés l’un à une brasserie, l’autre à un hall d’exposition consacré aux bio-matériaux.

« Ce texte est extrait du livre des Éditions du Palais « Liévin, Hier, aujourd’hui et demain ». Possibilité d’achat dans les points de vente habituels

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